Un manifeste sans manifestation
Dans la foule attentive, on a senti ni peur, ni révolte, ni violence lorsque, de sa stature, Luck Mervil à annoncé qu'il allait faire la lecture - trop médiatisée sans doute - du manifeste du FLQ. Des applaudissements, tout simplement, pas moins, pas davantage nourris que pour les autres textes. Une lecture parfaite qui a trouvé sa place dans le même silence respectueux qui a su accueillir toutes les oeuvres scandées depuis le tout début. Les médias auront beau essayer de gratter le bobo et d'enflammer de nouveau la polémique, il n'y a pas à dire : on se retrouve devant une foule consciente et lucide, qui acclame tout aussi bien Patrick Bourgeois et son discours de Bourgault que la lecture étonnante de
Speak White de Michèle Lalonde. Quelque chose tisse les textes les uns aux autres, quelque chose tisse la foule aux textes. Comme le soulignait Raoul Duguay au petit matin : « On fait de l'Histoire collective parce qu'on n'en fait plus dans les écoles. On se penche sur les textes, pas sur ce qui se dit autour. Luck Mervil a lu un manifeste, il n'a nullement fait l'apologie du terrorisme, de la violence ou fascisme. Les participants l'ont bien compris. Pour comprendre ces textes, il faut bien être ainsi réunis, loin de l'arène politique et de la une à tout prix. »
David Bélanger