Entrevues en vrac - Souffle et histoire

Entrevues en vrac – Souffle et histoire

Impressions de Nathalie de Rome

23h

« C’est incroyable comme les gens ont réagi, vous avez vu ? C’était extraordinaire; dès la première phrase : « La censure, cette gargouille qui vomit hideusement son plomb liquide sur la chair de la poésie. »

C’est en effet une foule plus qu’enthousiaste qui a accueilli chacune des descriptions de la censure de Claude Gauvreau que Nathalie Derome lançait au public.

« Quand j’ai su que j’allais lire ce texte, j’étais réellement heureuse. Je me demandais même commentj ’allais prononcer certains extraits; mais je dois avouer que quand j’ai annoncé que la censure était le « pet par-dessus l’encens », ça a eu un effet monstre ! C’était génial. »

 

Entretien avec EdithCochrane et Emmanuel Bilodeau

23h30

Après la lecture foudroyante du dialogue qui leur a valu une vague d’applaudissements d’une ampleur aussi impressionnante que l’intensité de leur performance, Édith Cochrane et Emmanuel Bilodeau ont apprécié les félicitations qui leur étaient adressées. Lorsque questionnés sur leur nervosité lors de leur passage sur scène, ils ont admis en riant en avoir été un peu victimes :

« Il y avait un peu stress, oui, mais c’était surtout la fébrilité d’y être qui était présente!  », a lancé Cochrane en souriant chaleureusement.

Cette fébrilité, c’est judicieusement qu’Emmanuel Bilodeau a pu l’imager :

« On a l’impression ce soir de faire partie d’un mouvement « illégal », vu toute la polémique médiatique concernant la censure;  ce sont de tels mouvements qui par le passé ont marqué l’histoire. Nous sommes très fiers d’être ici ce soir et de contribuer à cet événement qui non seulement fait un retour sur l’histoire québécoise, mais met l’accent sur la richesse de notre culture. »

Lorsque complimentés sur leur complicité sur scène, ils ont confirmé en riant que le fait d’être conjoints leur donne réellement ce petit avantage de pouvoir vivre une chimie si réelle sur scène.

« Ce qui nous a aussi aidé lors de la lecture est le fait que l’intensité de l’éclairage ne nous permettait de voir que la première vingtaine de personnes assises à l’avant ; ainsi, l’ambiance me rappelait un peu plus celle d’un salon. C’est justement à cause à ce petit côté intime que je me suis permis de petits excès, de petites familiarités. Jouer devant des centaines de personnes est généralement beaucoup plus intimidant, mais la scène ainsi présentée était beaucoup plus rassurante. »

Alors qu’au moment d’écrire ces lignes, Luck Mervil émeut les québécois avec l’intensité de sa lecture du manifeste du Front de Libération du Québec, il devient saisissant de voir à quel point l’événement du Moulin à Paroles est, comme le soulignait Bilodeau, bien susceptible de marquer l’histoire.

Et c’est assise derrière la scène qu’il est le plus touchant d’observer la solidité de ces liens indéniables et indénouables qui unissent à la fois la foule et les performeurs ; chaque fois qu’une lecture est achevée,  le récitant reçoit en descendant de scène de chaleureuses félicitations. Il faut tourner le moulin lorsque le vent souffle, rapportais-je plus tôt; il ne fait plus nul doute désormais que ce moulin a tourné avec autant d’ardeur que tous les lecteurs ont soufflé et insufflé à la foule des québécois le goût de toujours garder vivante la culture qui leur est des plus précieuses. 

Julie Rodrigue

 

 



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Citations

* Luc Beauchemin
Le Moulin à paroles, aux mécanismes actionnés au fil du fleuve de notre histoire, était attendu et nécessaire. Il nous donne l'envie de plus de mots, il nous invite à fouiller nos fondations, il fouette l'idéal de faire notre propre pain avec plus d'ardeur afin de mieux le partager.
* Baron Georges Savarin de Marestan
Ceux qui ont fait le choix de ne pas s’exprimer n’ont pas à critiquer ceux qui le font.









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