À la veille de la deuxième ronde
Il est 1h48, je reviens du champs de bataille où s'apprête à se conclure la première révolution des pales du moulin.
Les yeux sont petits, les sacs de couchage lentement se déploient et les couvertures servent de bouclier à la chair, contre laquelle les attaques du froid s'en vont en un crescendo incessant. Les yeux rapetissent, rougissent, tandis qu'on se prépare pour un siège nocturne au son des coups de la parole.
La foule, parmi laquelle le nombre de victimes se fait maintenant sentir, est clairsemée de plaques d'herbe qu'habitait précédemment un groupe d'auditeurs. L'agora naturelle des plaines est remplie de talus de résistance contre le sommeil, laissés seuls dans cette foule, séparés par le vide de ceux qui ont préféré retrouver la chaleur de leur foyer.
Tout cela avant que la première ronde de textes ne soit terminée. Selon toute probabilité, le Moulin à Paroles se scindera maintenant en deux parties plutôt que trois.
En ce dernier chapitre du premier volet de cette récitation de l'histoire du Québec, la foule est sur la défensive.
Simon Gamache