L'accalmie

18h37

Dans le tipi, le ton d’abord jovial et amical qui régnait à l’amorce du Moulin prend maintenant du sérieux. J’assiste en ce moment à la lecture du testament du Chevalier de Lorimier. C’est le silence complet. Même une petite fille, dans sa poussette, garde le silence, interdite, les yeux rivés sur le visage assombri de sa mère. S’enchaînent ensuite la « Complainte du canadien errant », suivi du « Rapport Durham », au cours duquel Robert Lepage entre subrepticement. L’ambiance calme, réservée, profonde, fait contraste avec la frivolité qui régnait au départ. Les attentions se concentrent enfin vers le sens des textes.

 

Je me plais à imaginer ce que chacun peut bien penser. De quelle façon résonnent en eux la voix de Piché, quelle corde vibre et de quelle façon alors qu’ils s’entendent nommé « peuple sans histoire et sans littérature ». De mon côté, le fait de me trouver aux côtés de ces voix du Québec, de ces porte-étendards de notre identité, entendant ces textes socles, ces textes fondateurs, je me sens submergé, baignant dans une sphère intemporelle qui me traverse comme une foule de mantras. Le Moulin roule, et semble, à présent, imperturbable.


Jocelyn Martel-Thibault 

 

 

 



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Citations

* Jean Royer
De la poésie à l’histoire et de la pensée à l’action, le Moulin à recommencé à tourner grâce à vous. Un Moulin à paroles qui renoue avec une pédagogie et une fierté de notre histoire nationale, pour une réappropriation de notre destin.
* Brigitte Haentjens
Nous voulons que ces vingt-quatre heures contribuent à nous identifier, nous donner une mémoire, à nous rappeler le long combat de nos mots contre l’âpreté du paysage, les préjugés, les batailles perdues.









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