Entrevue avec Paul Ahmarani
Comment croyez-vous que cet événement influence la vision du Québec ?Il y a tant de textes qui recèlent d’importants pans de notre histoire, qui nous enseignent notre passé. Et c’est par cette éducation que naît une solidarité sociale, que l’on nourrit un intérêt pour le peuple québécois. Il n’est pas question de souveraineté, mais de stimuler la fibre nationale. Certes, pour certains, l’ordre normal des choses, après ce passé parfois difficile, doit mener à la séparation du Québec. Mais la qualité des textes et la ferveur avec laquelle les lecteurs les interprètent dépassent la question nationale. C’est être québécois hier, maintenant et demain.
Ce qui m’étonne, c’est que des centaines de personnes sont venues, malgré le froid, écouter ces orateurs, ces voix du Québec.
Que pensez-vous de la controverse ? Était-ce provocation que de lire le Manifeste du FLQ ?J’aurais aimé que ces gens qui ont fait une tempête dans un verre d’eau soient présents afin qu’ils réalisent à quel point le Manifeste n’était qu’une infime partie. C’est ce manque de vision, et en quelque sorte de manque de connaissance historique, qui les a menés à conspuer cet événement. Le texte du Front de Libération du Québec n’a duré qu’une dizaine de minutes, sur un cycle de plus de dix heures.
Passer à côté du Manifeste, c’est manquer une partie de notre histoire. Que l’on approuve ou non ses propos, il n’en est pas moins qu’il a réellement influencé les québécois. C’est notre mémoire, il ne faut pas en effacer des parties simplement pour répondre à des exigences politiques.
J’espère que l’on respectera ces hommes et ces femmes qui ont offert aux Québécois une leçon d’histoire, de façon bénévole, et tout-à-fait passionnée. Tout ce que j’ai vu du Moulin à paroles m’a étonné. Je crois que cet événement fut très intéressant et très beau.
Collaboration spéciale.
Jean-François Normand