Il y a longtemps que je t'aime...

 Les lecteurs, que dis-je ? La foule aussi reprend le chant, cette comptine d'enfant, souffle d'un peuple, qui acquiert alors, dans cette ambiance sa force entière. Clameur commune à laquelle répond, spontanément, la foule, dans un « Gens du pays » lascif. Je le jure, le poil même des chiens semble se hérisser d'émotion.

Et ce cri, aussi, à ne pas oublier comme le cri d'un Jacques 1er sur le gibet : Remember you - ou ici, pour suivre encore et toujours la métaphore : « Que les pales du moulin ne cessent jamais de tourner... »

Oui, je sais, il y a quelque chose d'antithétique à comparer ce moment de resouvenance québécoise à l'exécution d'un roi d'Angleterre.  Mais bon, on a les comparaisons qu'on a, et l'émotion, le plus souvent, foule au pas la logique.

Que d'émotions, donc ? Oh ! Je raporterais mal les événements que de l'affirmer, parce qu'il y a eu de la haute-voltige politique, des propos à méditer, à digérer - comme une miche... bon, peut-être pas - et il y a eu l'émotion, l'émotion qui demeure et que ne saurait décrire personne, sinon la foule qui, encore, poursuit : « Gens du pays, c'est votre tour... »

David Bélanger

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Citations

* Sébastien Ricard
Nous avons imaginé ce spectacle sans musique, sans orchestre, sans show-business. Un spectacle consacré à la parole, aux mots dits qui construisent le long récit de notre présence en Amérique : une narration indissociable de notre charpente, de notre être tout entier et sans laquelle il n’est pas de suite envisageable.
* Brigitte Haentjens
Nous voulons que ces vingt-quatre heures contribuent à nous identifier, nous donner une mémoire, à nous rappeler le long combat de nos mots contre l’âpreté du paysage, les préjugés, les batailles perdues.









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